Pas de deux avec ma formation et ma vie professionnelle
Essai d’une brève autobiographie
Entre sauvage et civil mouvement
Entre :
Aujourd’hui, à 62 ans où la sensation de mes pieds dans le sol sont comme d’immenses racines,
où la danse est devenue nature même de la vie,
où planter des arbres est un acte des plus essentiel…
Et :
Là en arrière, où pas plus haut que trois pommes, mes pieds chaussaient des pointes de petits rats.
Que de mouvements sauvages à l’apparence cultivée et de culture à l’apparence… sauvage !
DES CHASSÉS CROISÉS
Entre :
La danse qui engageait toute ma personne, petite fille dans une danse rigoureuse exigeante,
contraignante et sublime à la fois, mais tannait le muscle dans sa tendre chair,
(La danse des crevettes fut un de mes derniers souvenirs d’enfant)
danse classique qui a marqué pourtant un amour profond de cette gestuelle ample, belle, travaillée
Et :
LE CONTACT de TERRE-MÈRE dans ses longues heures et journées passées avec elle, adolescente,
les pieds nus dans la boue, à danser aussi, à l’écoute du vent dans les branches, à me loger dans les plis des grands arbres pour me protéger, je me délectais de ces sensations qui ont sûrement induit profondémement mon amour du beau et créé en moi ce gout de liberté.
Ma très chère professeur de français, histoire, géographie en classe littéraire de cette époque, complice de mes rêveries et répondant à mes questions de voyage plutôt que de grammaire, a inspiré et destiné une voie de quête, de chercheuse.
Amante et aimante des choses qui ne se voient pas toujours, comme un tic, me voilà à scander sans relâche, des questions des questions des questions…
Les circonstances pas toujours simples de ma vie sont aussi celles qui ont forgées mon art sans doute. Les méandres complexes et inconscients s’expriment, deviennent moyen, outil ontologique et révélateur.
A 16 ans la danse devient urgente et libre, les cours de danse contemporaine s’enchaînent et départ pour Barcelone où je virevolte entre la Fabrica, école de danse contemporaine et une école classique car, cet ancien amour est toujours vivant et me parle tant.
La rage de vivre et l’amour de la danse m’embarquent jusqu’au BRÉSIL pour entrer à l’université de danse de Bahia.
L’examen théorique en langue portugaise devient une trop grande montagne à gravir et j’y renonce. Ma passion se transforme par l’ouverture d’une école de danse que je crée de A à Z à l’âge de 20 ans avec la participation des danseurs de la compagnie du théâtre Castro Alves, à Salvador de Bahia et mon énergie se transforme alors, me transforme encore, des idéaux plein la tête. Cette aventure durera 3 ans.
Puis retour en Europe, remet l’école aux danseurs amis.
Les futurs pas m’emmèneront à Paris à l’école de mimodrame de Marcel Marceau, où l’urgence dévorante de comprendre le monde a travers le corps encore, cette fois avec d’autres langages. L’expérience sera d’une année, je n aime pas le conformisme de l’école, j’ai l’impression de coexister avec des petits soldats Marceau. Les grandes personnalités ne sont peut être pas toujours de grands pédagogues.
Mais les cours de rond de bosse le soir, dans cette période parisienne et jusqu’à la nuit dans un atelier de peintre où je sculpte l’argile, annonce d’un nouveau désir.
Le peintre me commande même des couleurs prises au vif devant la Joconde au Louvre, imaginez vous qu’il y a longtemps, car aujourd’hui les files interminables de visiteurs et les mesures de sécurités innombrables ne le permettraient plus.
La peinture se mêle alors à la danse, au corps, pour la première fois.
J’ai 24 ans. Retour en Suisse, au pays, où la quête de la découverte continue .
Les pas suivant me dirigent vers l’école de jazz et musique actuelle de Lausanne, où je découvre le chant, et une poignée de personnalités dans le jazz moderne qui m’ont beaucoup influencées, pour ne citer que quelques-uns : Musiciens et surtout créateurs de leur propre monde: Malcolm Braff, Pierre Audétaz, Léon Francioli, Francis Bolland,
Mais l’os à ronger du chant lyrique va prendre toute mon énergie jusqu’aux classes professionnelles au conservatoire de Fribourg. A cette époque je devenais mère aussi de deux enfants auxquels je consacrais ce merveilleux temps.
Cette période de chant va prendre sept années de ma vie Puis la danse reprend mon corps, et traversé par des musiques personnelles et des envies de chorégraphies, le chant fusionne avec le mouvement: Une formation de chorégraphe de 3 années avec Marie-Pascale Le Bé. Là, le pas de deux devient régulierement – danse - peinture - puis… musique
L’envie d’employer mes mains dans un travail d’artisan m’emmène à l’école de vitrail de Monthey où je rencontre Charles Blockey. Révélation pour la peinture. Je suivrais le cursus dans l’école Assenzamahlschule et terminerais ma formation. Quatre années magnifiques vers la peinture abstraite.
LA DANSE DEVIENT PEINTURE